ÉLOGES


FRANÇOIS ROTH (1936-2016) 

Ce 12 mai, l’église Saint-Fiacre à Nancy était comble pour la cérémonie d’adieu à François ROTH, professeur émérite d’histoire contemporaine, mort le 5 mai 2016 à la suite d’un accident de circulation.
   Célébration voulue très simple par la famille, qui, à travers des lectures et des prises de paroles, a su communiquer, par delà son deuil, son affection pour le disparu.
   Mais la présence d’une députée de Nancy, du président du Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, du président de la CUGN, des maires de Nancy et de Metz, rappelait que François ROTH a été une figure de la vie locale, politologue longtemps mis à contribution par FR 3 Lorraine pour commenter les résultats des soirées électorales.
   Et la présence pour un dernier hommage d’anciens collègues venus de Montpellier, de Lyon, de Paris, de Berlin… (ainsi que du doyen de notre association), et de très nombreux anciens étudiants de tous âges témoignait de son aura d’universitaire, tant enseignant que chercheur. Il a marqué l’Université Nancy 2, où il a accompli toute sa carrière, y exerçant notamment les fonctions de directeur d’UFR et de président de commission de spécialistes.
   Ses recherches, à l’origine de nombreuses publications, portaient sur deux thèmes de prédilection, qui se rejoignaient : l’histoire de la Lorraine, depuis 1870 (sa thèse, publiée en 1976, rééditée en 2011, était consacrée à La Lorraine annexée), et les hommes politiques "modérés" : biographies de Raymond POINCARÉ en 2000 et de Robert SCHUMANN en 2008.
   Il avait présidé l’Académie de Stanislas en 2014-2015, et la cérémonie à Saint-Fiacre s’est conclue sur un hommage de son secrétaire perpétuel, qui parlait aussi au nom de l’Académie nationale de Metz.
   François ROTH a brièvement appartenu à notre association en 2015 ; il restait très actif et très occupé (il préparait nous a-t-on dit un ouvrage sur les vergers lorrains), et a dû faire des choix.
   Nous assurons Madame ROTH, ses enfants et petits-enfants et tous ses proches, de notre profonde sympathie.

René HODOT
(Professeur émérite de l'Université de Lorraine, ancien Président de l'Université Nancy 2) 



GÉRARD SIEST (1936-2016) 

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès à Rome le 9 Avril 2016 du Professeur Gérard SIEST.
    Il était Officier dans l'Ordre des Palmes Académiques et Chevalier de l’Ordre du Mérite. Il était correspondant national à l’Académie de Pharmacie et Docteur Honoris Causa des universités Laval (Québec, Canada) et Krakow (Pologne), Il a reçu de nombreuses distinctions françaises et étrangères.
    Pharmacien diplômé de la Faculté de Nancy (1959), interne des hôpitaux, spécialisé en Biologie Médicale. Il est également licencié ès Sciences. Il obtint son Doctorat d’État en Sciences Pharmaceutiques en 1966.
    Recruté à la Faculté de Pharmacie en tant qu’assistant en 1959 puis Maître-assistant de chimie biologique en 1972 et Professeur de Biochimie en 1975, il fut promu Professeur de Classe Exceptionnelle en 1993 et reçut le titre de Professeur émérite en Septembre 2005. Il assura les fonctions de Doyen de la faculté de Pharmacie (1978 à 1982) et de Vice-président de Université de Nancy 1 (1979-1989).
    Gérard SIEST a mené avec brio, durant de longues années et jusqu'au bout de sa vie, sa carrière universitaire, il fut aussi directeur de laboratoire de biologie médicale. Personnalité exceptionnelle, il est internationalement connu pour ses travaux scientifiques, en Biochimie pharmacologique et en biologie moléculaire. Il a été durant 15 ans directeur de l’URA CNRS 597 (Centre du Médicament) (1977 à 1992). Dans cette unité, spécialisée dans le domaine du métabolisme des médicaments, de nombreux étudiants, doctorants, chercheurs, travaillaient sans relâche. Sous sa direction, l’animation scientifique y était remarquable et la recherche d’une production exceptionnelle. Un tel exemple n’a pas été égalé depuis dans ce même domaine.
    Parallèlement à ses activités universitaires, il partageait son temps dans un parfait souci d'équilibre, en exerçant la biochimie clinique en tant que directeur du laboratoire au Centre de Médecine Préventive de Nancy (1968 à 2005). Ses travaux sur la définition des intervalles de références en biochimie clinique et en enzymologie clinique sont mondialement connus. Il a engagé de nombreuses collaborations nationales et internationales qui ont mené au développement de concepts de contrôles de qualité utilisés dans tous les laboratoires de biologie médicale. Il a présidé la Société Française de Biologie Clinique et la Fédération Internationale de Chimie Clinique ; il fut un formidable réformateur qui transforma cette société en première organisation mondiale de médecine de laboratoire.
    Toujours animé d’une vision dynamique et prospective de la biologie, il s’est tourné plus récemment vers la pharmaco-génomique, afin de développer les thérapeutiques de demain, une thérapie personnalisée, recherche menée au sein de l’Unité Inserm 1122, Interactions Gène-Environnement en Physiopathologie Cardio-Vasculaire. Il avait d’ailleurs créé et présidait la Société Européenne de pharmaco génomique et de thérapie personnalisée.
    Chercheur fondamentaliste mais avec toujours une vison finalisée de ses travaux, il travaillait en interaction constante avec le monde professionnel (grandes et petites entreprises du monde pharmaceutique et biologique…).
    Il est l’auteur de plus de 600 publications Internationales et a dirigé de nombreuses thèses d’université., éditeur de revues…
    Professeur toujours en action, toujours force de proposition. Pionnier en recherche, il l’a aussi été en pédagogie comme initiateur de la création de la double formation Pharmacien et Ingénieur sur Nancy (Pharma Plus ENSIC).
    Diffuseur de connaissances, communiquant, Gérard SIEST était un facilitateur d’échanges entre spécialistes. Il a créé les fameux Colloques Internationaux de Biologie Prospective qui se tenaient à Pont-à-Mousson (1970 à 1986), C’était un lieu de rencontre privilégié de tous les biologistes mondiaux, un rendez-vous toujours très attendu. Par la suite, il a créé dans le domaine de la pharmaco-génomique les conférences de Santorini, en Grèce, et c’est en pleine préparation de ce nouveau congrès que la maladie l’a emporté.
    La grande valeur scientifique de cette figure éminente, ses qualités de fédérateur, sa renommée nationale et internationale, honorent notre Université et participent à son rayonnement et à celui de la Lorraine, qu’il affectionnait.
    Gérard SIEST était un homme talentueux, un chef, un meneur d’hommes, un maître respecté de nombreux étudiants et chercheurs. Nombre de ses élèves sont devenus de brillants directeurs de recherche ou professeurs d’université ! C’était un pionnier, un visionnaire, un homme de convictions mais sans concessions, un chercheur rigoureux et exigeant. Homme passionné et admiré, charmeur à l’éternel sourire, il aimait la vie, il aimait recevoir ses amis, ses collaborateurs, ses collègues (il a souvent organisé en fin d’année universitaire une soirée traditionnelle à la campagne à Bernécourt dans sa résidence familiale). Il était plein d’humour et il fut assez facétieux pour disparaître en scène, comme un artiste que l’on salue.
    Nous partageons la tristesse de sa famille, de ses proches, de ses amis, de ses collègues. Nous ne l’oublierons pas.

Chantal FINANCE
(Professeur honoraire de l'Université de Lorraine, ex-doyenne de la Faculté de Pharmacie) 



HERBERT NÉRY (1947-2016)

Le Professeur Herbert NÉRY est décédé à Nancy le 26 mars 2016.
Il était Officier dans l'Ordre des Palmes Académiques et Chevalier de la Légion d'Honneur.
    Après une maîtrise de Chimie physique et un DEA de Chimie quantique obtenus à la Faculté des Sciences de Nancy, Herbert NÉRY a soutenu en juin 1973 une thèse de troisième cycle intitulée : "Contribution à l’étude des mouvements moléculaires du chlorobenzène en phase liquide par relaxation magnétique nucléaire", préparée dans le laboratoire de Chimie théorique dirigé par le professeur Jean BARRIOL. L’année suivante il est nommé maître-assistant à la Faculté des Sciences, avec un service d’enseignement au CUCES. Il peut envisager la préparation d’une thèse de doctorat ès sciences intitulée : "Relaxation magnétique nucléaire longitudinale dans les systèmes couplés : application à l’étude du mouvement de petites molécules en phase liquide" qui a été soutenue en octobre 1981. Un séjour post-doctoral à l’Université de Lund lui a permis de s’initier à l’étude, par résonance magnétique nucléaire, des microémulsions et des systèmes micellaires, domaine qu’il continuera à développer à Nancy.
    En 1985, Nancy a été choisie pour organiser le premier congrès de la Société Française de Chimie, nouvellement créée par fusion d’anciennes sociétés, et Herbert NÉRY a pris une grande part au succès de cette importante manifestation en se chargeant de la communication. Ses talents, jusqu’alors ignorés, lui valurent d’être appelé par le Président Robert MAINARD pour prendre en charge la communication de l’Université de Nancy 1.
    En 1989, le projet d’un département de Maintenance industrielle à l’IUT d’Épinal, qui dépendait de l’Université Nancy 2, demandait pour sa mise en place un universitaire polyvalent, à la fois bon gestionnaire et scientifique, destiné à rejoindre un corps professoral essentiellement littéraire et juridique. Herbert NÉRY est vite apparu comme l’homme de la situation et l’avenir a montré que ce choix était amplement justifié. Nommé professeur de chimie à l’Université Nancy 2, il réorienta son activité scientifique vers un domaine plus proche des préoccupations de certains de ses partenaires de l’IUT et s’intéressa à des problèmes de tribologie et de lubrification.
    Mais l’hydre de l’administration eut vite raison de ses velléités de recherche, et le succès de sa création spinalienne, fortement appréciée des édiles locaux, a largement justifié son choix de carrière. Cette nouvelle orientation l'a conduit à servir l'Université à un haut niveau de responsabilité.
Herbert NÉRY a été Président de l'Université Nancy 2 de 2001 à 2006 et, à ce titre, il a siégé au Conseil Économique Social et Environnemental de Lorraine. Il a révélé dans ces fonctions un réel talent de négociateur, ouvert au dialogue mais aussi défenseur intransigeant des grands principes fondateurs de l'Université. Très rapidement les trois Présidents d'universités nancéiennes, ont fait cause commune ; le Président messin les a rejoint dans leur réflexion sur l'organisation de l'enseignement supérieur lorrain. Il a été un fervent défenseur du rapprochement des universités lorraines, notamment lors de la mise en œuvre de la réforme Licence-Master-Doctorat qui a été menée conjointement par les quatre établissements. Il s'est battu pour imposer l'intégration des structures de l’Université publique dans le volet "management" du projet ARTEM (Art, Technologie et Management).
    Après son mandat de Président de l'université Nancy 2, Herbert NÉRY a accepté la présidence du Pôle Universitaire Européen de Lorraine, superstructure rassemblant des représentants des Universités et des Collectivités Territoriales. C'est dans ce cadre, sous sa houlette, qu'ont été ébauchés des schémas pour l'administration, la pédagogie et la recherche d'une possible Université de Lorraine.
Le rapprochement des universités étant en marche, la fin du Pôle était programmée et Herbert NÉRY a eu la lourde tâche de faire un état des lieux avant de conduire la fermeture de cet établissement. À cette occasion, il a montré sa force de caractère, sa capacité de résistance et sa grande rigueur déontologique. Après cette douloureuse expérience, il a assumé la direction de l'IUT Charlemagne jusqu'au terme d'une carrière universitaire bien remplie.
    Les projets conduits par les trois Présidents ont construit des liens de confiance et d'amitié qui se sont exprimés lors de loisirs communs. Amoureux de la montagne, fervent marcheur au rythme impitoyable, Herbert était de toutes les sorties "cochonailles" dans les fermes vosgiennes. Il invitait également dans la maison familiale à Loché pour randonner dans le mâconnais. C'est à Loché qu'il a souhaité que ses cendres reposent.

"Hommage à trois voix", par Jean-Louis RIVAIL (Professeur de chimie théorique émérite), Claude BURLET (Président de l'Université Henri Poincaré 1999-2004) et Louis SCHUFFENECKER (Président de l'Institut National Polytechnique de Lorraine 2002-2006)



JEAN-PIERRE DELAGOUTTE (1937-2015)

Le professeur Jean-Pierre DELAGOUTTE est décédé à Nancy le 9 septembre 2015. Né à Saint-Dié (Vosges) le 9 août 1937, il avait donc 78 ans. Il fut nommé Externe des Hôpitaux en 1958 puis "Externe en Premier" avant d’être reçu à l’Internat des Hôpitaux de Nancy en 1962. Après avoir passé un CES de Sérologie, il débuta sa carrière hospitalo-universitaire comme moniteur de bactériologie puis comme Attaché de faculté et comme Chef de travaux délégué en bactériologie avant de rejoindre en 1967 comme Chef de Clinique-Assistant des Hôpitaux le service de Clinique Chirurgicale B de l’Hôpital Central de Nancy en 1967 et enfin le service du Professeur MICHON à Dommartin-les-Toul en 1968. Délégué dans les fonctions de Maître de Conférences des Universités il fut nommé Maître de Conférence Agrégé au concours de 1974 pour devenir Professeur sans chaire en 1982. Il effectua toute la première partie de sa carrière de Chirurgie orthopédique dans le service du Pr MICHON avant de rejoindre le Service de Chirurgie de l’hôpital de Brabois dirigé par le Pr BÉNICHOU, dont il prit la succession comme Chef de Service. Il occupa ensuite la même fonction à l’Hôpital Central de Nancy en 1992. Nommé PU-PH de 1ère classe en 1997, il prit en charge à la Faculté de médecine de Nancy le "Laboratoire de Chirurgie Expérimentale" et initia l’enseignement de la chirurgie du pied en créant le DU de "Médecine et Chirurgie du Pied".
    Tous ceux qui ont connu et côtoyé Jean-Pierre DELAGOUTTE étaient frappés par sa gentillesse son extrême dévouement vis-à-vis des patients et la qualité de son enseignement. Tous se souviennent, de cette époque déjà lointaine, où la noblesse de la chirurgie orthopédique n’était représentée que par la chirurgie de la hanche, des cours qu’il débutait en chirurgie du pied par cet aphorisme qui a marqué des générations de chirurgiens : "Le pied, ce mal aimé, cet oublié…" Jean-Pierre DELAGOUTTE fut l’un des initiateurs et pionniers de la chirurgie du pied en France.
    Il eu l’immense tristesse de perdre son épouse Jacqueline, médecin rééducateur, en 2004 et en resta profondément et éternellement affecté. Il a probablement trouvé un exutoire à cette immense peine en prenant des fonctions de Consultant puis d’Attaché à l’Hôpital Central de Nancy. Se sachant atteint par une affection au pronostic inéluctable il ne devait arrêter ses fonctions hospitalières que le 1er juillet 2015, quelques semaines avant son décès.
    Jean-Pierre DELAGOUTTE était un homme discret, aux qualités humaines qui forçaient le respect de ses élèves et collaborateurs ; rares étaient ceux qui savaient que pendant plusieurs décennies il a accompagné les malades du diocèse de Nancy pour le pèlerinage marial de Lourdes, qu’il jouait du piano, qu’il peignait des huiles qui étaient les seules marques de couleur dans son spartiate bureau à l’hôpital. Il devait recevoir la médaille d’honneur de la So.FCOT lors du 90ème Congrès en novembre 2015 et il savait qu’il ne pourrait probablement pas, alors, être des nôtres au sein de cette communauté qu’il chérissait et pour laquelle il avait tant donné. C'était un homme et un chirurgien désintéressé, toujours éloigné des marques de reconnaissance et des honneurs qu’il ne sollicitait jamais fusse pour sa propre carrière. Il a toujours été discrètement au service des patients dans cette attitude d’honnête homme en faisant probablement sien cet aphorisme : "Tout homme qui ne préfère pas son devoir à son plaisir n'est bon à rien".

Henry COUDANE, Président de l’AOT
Didier MAINARD, Président du Conseil Scientifique de la So.FCOT



JEANNE-MARIE BAUDE (1935-2014)

Née en 1935, Jeanne-Marie BAUDE intégra à Metz, au début des années 1960, le Collège littéraire universitaire, devenu en 1971 l'Université de Metz, installée dans les nouveaux locaux du Saulcy et du Technopole Elle et son mari Michel, agrégés de lettres classiques, furent parmi les pionniers de l'enseignement supérieur dans la cité. Au sein du département de Lettres modernes de la Faculté des Lettres et Sciences humaines, ils enseignèrent la littérature française, Michel en tant que spécialiste du roman des XIXe et XXe siècles, tandis que Jeanne-Marie initiait les étudiants à la poésie contemporaine, alors peu explorée. Elle sut, par son charisme, leur faire partager sa passion. Après la mort de son mari en 1991, elle poursuivit courageusement ses recherches et devint professeur d'université. De 1995 à 1998, date à laquelle elle quitta Metz définitivement, elle dirigea le centre de recherche "Littérature et spiritualité - Michel BAUDE" (CLSMB), fondé par son mari et Jacques HENNEQUIN. Elle était également membre, depuis sa création, du Centre de recherche sur le Surréalisme de la Sorbonne Nouvelle et participait aux activités de l’URL 5 du CNRS (Lexicologie et Terminologie Littéraire).
Les nombreux articles et études qu'elle a publiés constituent une œuvre d’une ampleur et d’une profondeur remarquables sur les liens privilégiés entre poésie et spiritualité, comme le suggère un de ses titres, L'œil de l'âme. Elle a mené des études novatrices sur des poètes négligés par les travaux académiques comme Emmanuel CLANCIER ou Marie NOËL.
Personnalité respectueuse des autres et de la parole donnée, à l'esprit toujours en éveil, Jeanne-Marie BAUDE aura marqué des générations d'étudiants de notre région.
Elle est décédée le 30 décembre 2014.

Monique BILE, Maître de Conférence Émérite de l'UL



BERNARD GROSS (1932-2014)

 en janvier 1932 à Paris, Bernard GROSS effectue ses études supérieures à la Faculté des Sciences de Paris où il obtient une licence puis un doctorat ès-sciences physiques, après un service militaire de deux ans et demi en Algérie.
Il est nommé Assistant à la Faculté des Sciences de Paris en 1960, puis Maître-Assistant, et rejoint l'Université de Nancy I en 1970 en qualité de Maître de Conférences (ancien régime). Il gravit les échelons de la carrière universitaire en qualité de Professeur jusqu'à sa retraite en 1995.
Bernard GROSS, chimiste organicien réputé, était spécialisé dans la chimie des oses et son équipe était associée au CNRS.
Animé par un sens aigu du service, il a accepté plusieurs tâches d’intérêt général, en particulier celle de directeur de l’UFR STMP de 1990 à 1995. Nous gardons de Bernard le souvenir d’un homme affable, modeste et conciliant, toujours prêt à rendre service. 
Retiré à Salernes dans le Var, il s'éteint le 19 décembre 2014 et repose dans le cimetière de Puy-Saint-Vincent (Hautes Alpes).
A son épouse, Michèle, et à ses enfants Éric et Brigitte, que certains d’entre nous avons connus comme étudiants, nous présentons nos sincères condoléances.

Jean-Louis RIVAIL, Professeur Émérite de l'UL



JEAN-PAUL TISOT (1943-2014)

C'est avec une grande tristesse que nous vous faisons part du décès de notre collègue Jean-Paul TISOT, survenu le 30 octobre 2014 à l'âge de 72 ans, marié et père des trois enfants.
Jean-Paul a effectué toute sa carrière universitaire à l’École de Géologie de Nancy. Ingénieur de l’ENSG en 1966 et spécialiste de géotechnique, il a préparé successivement un doctorat de 3ème cycle en 1974 puis une thèse d’état en 1984 dans le domaine de la mécanique des sols et des roches. Après avoir occupé les fonctions d’Assistant et de Maître-assistant, il est nommé Professeur en 1988 à l’ENSG. A côté de ses activités scientifiques proprement dites, consacrées essentiellement aux propriétés géomécaniques des sédiments des grands fonds océaniques, il a exercé de nombreuses responsabilités sur le plan de l’animation et de l’administration universitaire. Il assuré la direction des études de l’École de Géologie de 1985 à 1991, en a été nommé administrateur provisoire en 1991, puis Directeur de 1995 à 2005. De 1992 à 1996, il a assumé la responsabilité  de Vice-président du CEVU de l’INPL et de Directeur des Relations Internationales de l'Institut. Au cours des dix années consacrées à la direction de l’École de Géologie, Jean-Paul en a considérablement développé le rayonnement et contribué de manière déterminante à la reconstruction et à l’installation de cet établissement dans les nouveaux locaux du site de Brabois. Il a ensuite été pendant deux ans Directeur du CIES de Lorraine, puis a repris une année la fonction d’administrateur provisoire de l’École de Géologie.
Au cours de sa carrière Jean-Paul TISOT a exercé de nombreuses autres responsabilités sur le plan national, en particulier : Vice-président de l’Association Universitaire de Génie Civil, Président du Comité Français de Géologie de l’Ingénieur (CFGI), membre du Conseil Scientifique du LCPC,  Rédacteur en Chef adjoint de la Revue Française de Géotechnique (RFG) et Vice-président de l’ACPST Bure-Saudron. Depuis 2006 il assumait la charge de  Président de l’Union Française des Géologues. Il a obtenu la distinction d’Officier dans l’ordre des palmes académiques et le Prix Georges MILLOT de la SGF.
J’ai eu personnellement l’occasion de côtoyer régulièrement Jean-Paul à partir des années 1970, lors de la mise en place de l’INPL et dans divers Conseils de l’Établissement (notamment au CA et au CS). C’était un scientifique éminent, déployant une activité considérable avec un grand dynamisme et beaucoup de pugnacité. Il était aussi un homme ouvert et cordial, d’un abord direct et d’un parler franc.
Jean-Paul, professeur émérite, membre actif de notre Association nous a apporté une contribution importante lors de la phase d’organisation de notre colloque (1er et 2 octobre derniers), auquel malheureusement il n’a pu assister.
Pour compléter cet éloge, je livre ci-dessous le témoignage de notre collègue Joël HARDY, ancien Président de l'Institut National Polytechnique de Lorraine : " J'ai longtemps côtoyé Jean-Paul. Déjà, dans les années 70-80, je me souviens du chercheur qu'il était et qui venait dans les salles climatisées de l'École de Laiterie, rue Sainte Catherine, stabiliser en température et en hygrométrie des échantillons des fonds marins du Pacifique, afin de mesurer leurs propriétés mécaniques. Comme collègue, lorsque j'étais Directeur de l'ENSAIA, vers 1990-1995, je me souviens d'un homme très affable et très convivial, toujours prêt à faire avancer des projets communs avec l'ENSAIA et l'ENSEM tels que le Centre de Documentation de Brabois. Quand je fus président de l'INPL, j'ai beaucoup échangé avec lui, sur les projets de l'INPL et ceux propres à l'École de Géologie qu'il dirigeait. Là aussi, je me souviens d'un collègue efficace et pugnace, défendant avec compétence les projets de son École, tels que le Pôle de l'Eau à Vandœuvre ou la Station Expérimentale de Traitement des Déchets. Je regrette infiniment sa disparition qui me parait bien trop précoce."
Nous présentons nos très sincères condoléances à son épouse et ses enfants et leur exprimons nos sentiments compatissants et amicaux

Armand GUCKERT, Président d'EMERITES.LORRAINE


NOËL MIDOUX (1944-2013)

Le professeur Noël MIDOUX nous a quittés le 9 Novembre 2013 à l’âge de 69 ans.
Il était Ingénieur diplômé de l’ENSIC, Ecole au sein de laquelle il a effectué l’ensemble de sa carrière universitaire: docteur-Ingénieur, docteur d’Etat, professeur de génie des procédés et directeur-adjoint de l’ENSIC, chargé des relations industrielles. Son engagement pédagogique au service de l’Ecole a été total, en particulier dans le domaine de l’enseignement de la mécanique des fluides et des opérations unitaires à tous les niveaux du cursus de la formation initiale, mais aussi en formation permanente pour les ingénieurs et cadres en activité dans l’industrie. Il était du reste un consultant très recherché et doctement écouté. Son ouvrage intitulé « Mécanique et rhéologie des fluides en génie chimique » Editions Tec & Doc-Lavoisier (1992) constitue encore aujourd’hui une référence qui porte beau les couleurs de la pédagogie à la française face au fameux ouvrage anglo-saxon "Transport phenomena" de BIRD, STEWARD et LIGHTFOOT, Editions John Wiley Inc. (1962).  Noël MIDOUX était aussi l’auteur d’un nombre incalculable de polys qui auraient pu devenir des ouvrages à eux seuls et qui resteront dans les mémoires de plusieurs générations d’élèves-ingénieurs de l’ENSIC, de thésards et de collègues.
Le professeur Noël MIDOUX a consacré l’essentiel de ses activités de recherche au sein du Laboratoire des Sciences du Génie Chimique CNRS, puis du Laboratoire Réactions et Génie des Procédés CNRS/ENSIC/INPL. Elles ont porté principalement sur les aspects hydrodynamiques globaux et locaux dans les réacteurs polyphasiques gaz-liquides-solides avec une démarche scientifique évoluant savamment et de manière pondérée depuis une approche « in vivo » des phénomènes physico-chimiques et de transferts vers une approche "in silico". Il est l’auteur de plus de 300 publications et communications avec actes de rang international. Il a encadré 56 thèses et 82 DEA. Le groupe de recherche qu’il a animé a acquis une notoriété internationale indéniable dans le domaine du comportement hydrodynamique et de la rhéologie des fluides complexes dans les réacteurs polyphasiques catalytiques.
Noël MIDOUX a assumé de plus de nombreuses tâches et responsabilités collectives au niveau national au Ministère de l’Enseignement Supérieure et de la Recherche (MSTP pour la reconnaissance d’équipes et pour l’attribution des bourses de thèse) et au CNU, 62ème section.
Intégriste, voire puriste de l’enseignement et de la recherche, travailleur acharné, pédagogue redouté mais très apprécié par ses élèves, encadrant exigeant mais assidu auprès de ses thésards, scientifique élitiste et défenseur impénitent de l’excellence, intransigeant et sans concession pour la médiocrité, tous ces termes caractérisent la personnalité et l’œuvre du professeur Noël MIDOUX.
La communauté Nancéienne de génie des procédés de l’ENSIC et de l’Université de Lorraine perd une éminente figure.

Jean-Claude CHARPENTIER, Directeur de Recherche Émérite au CNRS



PATRICK SARGOS (1948-2012)

Patrick SARGOS est né à Bordeaux le 7 mars 1948. Des relations tumultueuses avec sa famille le conduisent en pension dès l'adolescence. Après le baccalauréat en 1966, obtenu avec la meilleure note du département en mathématiques, et, en 1970, une licence de mathématiques, il s'inscrit au concours de Saint-Cyr. Il obtient la note maximale en mathématiques mais ne se présente pas aux oraux, prenant la décision définitive de poursuivre dans la voie de la recherche mathématique tout en menant en parallèle une carrière de joueur d'échecs de niveau national. Dans cette même période, il rencontre Catherine MOULIEF, qui deviendra son épouse et l'amour de sa vie entière. Ensemble, ils développeront une activité d’experts en arts premiers, bâtissant une réputation qui dépasse largement les frontières et qui leur permet d’organiser des manifestations suivies par des milliers de personnes émerveillées. 
Après une thèse de troisième cycle, Patrick SARGOS passe quatorze années comme universitaire coopérant à Nouakchott puis Dakar. Au cours de cette période, il soutient, sous la direction du signataire avec lequel de profonds liens d'amitié se sont tissés, une brillante thèse d'État en 1987. Rentré en France, SARGOS exerce deux années comme maître de conférences à l'université Paris 6, et devient professeur d'université à Nancy en 1993, où il intègre l'institut Élie Cartan. 
Naturellement doué, persévérant et inventif, Patrick SARGOS a développé des théories profondes dans les domaines du prolongement analytique de séries de Dirichlet  associées à des polynômes, des intégrales oscillantes, et des distributions. Mais c'est surtout dans la théorie des sommes d'exponentielles qu'il obtient ses résultats les plus frappants, prolongeant et souvent conduisant à leur limite théorique les travaux fondateurs de van der CORPUT. Les théorèmes obtenus par SARGOS et ses collaborateurs dans ce dernier domaine ont notamment eu des applications remarquées aux problèmes des points entiers au voisinage d'une courbe et à la répartition des nombres premiers de PIATETSKI-SHAPIRO. 
Ayant fait valoir ses droits à la retraite en juin 2012, Patrick SARGOS poursuivait activement ses travaux de recherche à l'automne. Il est décédé brutalement le 20 novembre. Tous ses collègues et amis conserveront en mémoire ses qualités de mathématicien hors pair, de pédagogue exceptionnel, et, tant sur le plan scientifique que personnel, son ouverture d'esprit, son altruisme, son dynamisme, et sa générosité.

Gérald TENENBAUM, Professeur, Institut Elie Cartan 



JEAN-MARIE SCHISSLER (1935-2011)

C'est avec une grande tristesse que nous apprenons le décès de notre collègue Jean Marie SCHISSLER, survenu le 5 avril 2011, à l'âge de 76 ans. Il était Professeur Émérite de l'UHP, université où il a accompli sa carrière académique après son doctorat sous la direction du Professeur René FAIVRE. Spécialiste de la métallurgie des fontes, Jean-Marie SCHISSLER a dirigé une équipe de recherche très active au sein du LSG2M à l'École des Mines de Nancy (maintenant une partie de l'Institut Jean-Lamour) et s'est beaucoup intéressé aux applications industrielles de ses travaux. Dans ce cadre, il a fondé le CRITT Metall 2T en 1988, labellisé CRT en 1996, qui contribue encore activement au développement technologique de la Région Lorraine dans le domaine des matériaux. Jean-Marie SCHISSLER était membre de nombreuses sociétés savantes, dont l'Académie Lorraine des Sciences. Nous adressons nos plus sincères condoléances à son épouse Monique et à leur fils Jean-Marc qui perpétue l'œuvre de son père en qualité de métallurgiste et responsable de l'organisation professionnelle "les Fondeurs de France".

Christian G'SELL, Professeur Émérite